Need to comply with the EU AI Act by 2 December 2026? New users can start with Trufo's AI Labeling Service or C2PA Certificates for free until 2 December.

L’AI Act européen : article 50

Guide pratique des exigences d’étiquetage IA à l’intention des fournisseurs et des déployeurs d’IA
Publié le 30 juin 2026 ; mis à jour le 26 octobre 2026

Ces dernières années, les gouvernements du monde entier ont instauré des réglementations sur les contenus générés ou modifiés par l’IA. Le 13 juin 2024, l’UE a signé le règlement européen sur l’intelligence artificielle (AI Act, règlement 2024/1689). Son article 50, paragraphe 2, impose aux fournisseurs de systèmes d’IA qui génèrent des contenus de synthèse de type audio, image, vidéo ou texte de veiller à ce que leurs sorties soient « marquées dans un format lisible par machine et identifiables comme ayant été générées ou manipulées par une IA ». Les solutions techniques doivent être « efficaces, interopérables, solides et fiables ».

Amendes jusqu’à 15 000 000 € ou 3 % du chiffre d’affaires mondial

Métadonnées signées numériquement (1.1.1)

Filigranage imperceptible (1.1.2)

En cas de non-conformité, la sanction prévue à l’article 99 peut atteindre 15 000 000 € ou 3 % du chiffre d’affaires annuel mondial, le montant le plus élevé étant retenu (le plus faible pour les PME et les jeunes pousses). Pour toute entreprise qui recourt à l’IA dans sa chaîne de production de contenus, il s’agit d’un risque réglementaire majeur.

Tous les fournisseurs d’IA doivent s’y conformer : toute entreprise qui propose un système d’IA générative dans l’UE sous son propre nom est concernée, y compris lorsque le produit repose sur le modèle ou l’API d’un tiers, quel que soit le lieu d’établissement de l’entreprise.

Le code de bonne pratique sur les contenus générés par l’IA

Le code de bonne pratique officiel a été publié le 10 juin 2026. Il comporte des engagements à respecter par les fournisseurs comme par les déployeurs de systèmes d’IA générative, portant principalement sur la mise en œuvre interopérable de métadonnées signées numériquement (1.1.1) et d’un filigranage imperceptible (1.1.2).

En signant le code de bonne pratique, les fournisseurs et les déployeurs peuvent démontrer leur conformité à l’article 50 de l’AI Act. Trufo est signataire du code de bonne pratique (section 1 : marquage et détection).

Pour l’immense majorité des entreprises, signer le code de bonne pratique est la démarche la plus judicieuse. Un fournisseur d’IA peut certes opter pour une autre approche (souvent propriétaire), mais cela nécessitera un dialogue direct avec le Bureau de l’IA de l’UE ou les autorités nationales de régulation, ce qui n’est pas une option réaliste pour les entreprises dont le nom n’est pas un fruit de cinq lettres.

Échéances de l’article 50, paragraphe 2

Les fournisseurs d’IA sont soumis à plusieurs échéances, selon leur situation :

  1. Fournisseurs exploitant un nouveau système.

  2. Fournisseurs exploitant un système déjà mis sur le marché de l’UE (avant le 2 août 2026).

  3. Les signataires du code de bonne pratique doivent disposer d’une détection interopérable des filigranes (mesure 3.4).

La date du 2 décembre est fixée par le train de mesures omnibus numérique sur l’IA (règlement (UE) 2026/1744) et confirmée dans la FAQ de la Commission sur l’article 50.

Le Bureau de l’IA de l’UE se concentre (pour l’instant) sur l’établissement de bonnes pratiques en matière d’interopérabilité d’ici l’échéance du 2 février 2027 ; aucun contrôle d’envergure n’est donc attendu avant cette date. Au vu des amendes infligées au titre du RGPD, il est probable que les premières amendes tombent au printemps 2027, suivies de la première amende importante (plus de 15 000 000 €) d’ici la fin de l’année.

Point important : les contenus publiés pouvant être datés, tout défaut de conformité actuel pourra servir de preuve une fois les contrôles engagés.

Comment se mettre en conformité : métadonnées signées et filigranes

Le critère clé est l’interopérabilité. Sans ce critère, vous pourriez demander à Claude de télécharger quelques bibliothèques open source (par exemple c2pa-rs ou pixelseal) et d’ajouter des métadonnées et un filigrane. Toutefois, le résultat ne serait pas interopérable : les métadonnées ne seraient pas de confiance et le filigrane ne serait pas interprétable.

Métadonnées signées (1.1.1)

Pour les métadonnées signées numériquement, deux voies sont possibles :

Développer en interne

Développer un véritable produit générateur, obtenir la conformité C2PA, se procurer un certificat C2PA, mettre en place l’horodatage C2PA, gérer des clés de signature sécurisées.

Recourir à un service de signature

Recourir à un service de signature C2PA tiers (qui peut être proposé sous votre nom).

Filigranes imperceptibles (1.1.2)

Pour le filigrane imperceptible, il existe trois grands modèles de sécurité :

Système fermé

SynthID (Google)

Usage encadré

PawPrint (Trufo)

Open source

TrustMark (Adobe) / PixelSeal (Meta)

Les fournisseurs doivent également rendre leurs marquages détectables : le code exige une solution de détection pour chaque technique de marquage, proposée sous forme de spécification publique, de logiciel ou d’API (sous-mesure 2.1.1).

Prestataires C2PA et de filigranage

L’immense majorité des fournisseurs d’IA auront besoin d’au moins un prestataire tiers. Voici les principaux prestataires :

Solution de conformité complète

métadonnées + horodatage + filigrane

Mise en œuvre en interne : certificats

pour les certificats C2PA + l’horodatage

  • Trufo
  • DigiCert
  • SSL.com
  • Irdeto

Mise en œuvre en interne : filigrane

Fermé

  • Google (SynthID)

Encadré

Ouvert*

  • TrustMark d’Adobe
  • PixelSeal de Meta

Suivi des contenus*

  • Kudelski
  • Kinetiq
  • Kantar
  • Imatag
  • Digimarc

*Probablement inadaptés à la conformité à l’article 50, paragraphe 2, si aucun dispositif complémentaire n’est mis en place autour de la technologie.

Article 50, paragraphe 4 : déployeurs d’IA

Pour les déployeurs d’IA, c’est-à-dire toute personne qui utilise les services d’un fournisseur d’IA pour créer des contenus générés ou modifiés par l’IA, l’obligation consiste à ajouter une mention de transparence lisible par l’humain.

icône IA de l’UE
Icône de base
icône IA de l’UE portant la mention AI GENERATED
Entièrement généré par l’IA
icône IA de l’UE portant la mention AI MODIFIED
Partiellement modifié par l’IA

Les icônes facultatives de l’UE, proposées par la Commission européenne.

Cette obligation connaît quelques exceptions notables, à savoir pour les contenus de nature manifestement fictive ou créative, pour un usage purement personnel et non professionnel, ou (pour le texte) lorsque le contenu ne porte pas sur des questions d’intérêt public ou a fait l’objet d’un examen éditorial humain.

Autres lois sur l’étiquetage IA

Des réglementations similaires entrent progressivement en application dans le monde entier :

  • California AI Transparency Act : le SB 942 (tel que modifié), en vigueur depuis le 2 août 2026, impose à tout fournisseur d’IA générative accessible au public d’intégrer une mention latente et de proposer un outil de vérification gratuit ; 5 000 $ par infraction et par jour.
  • Chine : les Mesures d’étiquetage et la norme GB 45438-2025, en vigueur depuis le 1er septembre 2025, imposent des étiquettes visibles ainsi qu’une étiquette dans les métadonnées, que les plateformes doivent vérifier.
  • Corée du Sud : la loi-cadre sur l’IA, en vigueur depuis le 22 janvier 2026, impose de marquer les sorties d’IA générative, de manière visible ou lisible par machine ; des injonctions de mise en conformité sont d’abord prononcées, puis des amendes pouvant atteindre 30 M KRW.
  • Inde : la modification des IT Rules, en vigueur depuis le 20 février 2026, impose des étiquettes visibles ainsi que des métadonnées permanentes sur les contenus audio et visuels de synthèse ; les plateformes non conformes perdent le bénéfice de l’exonération de responsabilité.

Questions fréquentes

Bien que le texte juridique ne mentionne pas explicitement C2PA, C2PA est le standard établi pour les métadonnées signées numériquement exigées par le code (1.1.1). Le filigrane (1.1.2) constitue une couche distincte.
Le code exige un horodatage « sécurisé et permettant de détecter toute altération » (1.1.1, traduction libre de l’anglais). Les horodatages C2PA de confiance et les horodatages électroniques qualifiés eIDAS (ou un système équivalent, comme celui d’Apple) y satisfont sans ambiguïté ; pour les horodatages qui ne sont pas de confiance, tout dépend de votre tolérance au risque juridique. Les horodatages électroniques qualifiés eIDAS coûtent généralement bien plus cher, car l’horodatage de confiance était historiquement réservé aux documents de grande valeur.
Faites appel à un prestataire tiers. Vous n’aurez très probablement pas le temps d’assimiler les 500 pages des spécifications C2PA, ni de mener la recherche et le développement de votre propre filigrane. Le domaine étant assez récent, peu de prestataires couvrent les trois couches ; à ce jour, la seule solution prête pour la production est l’AI Labeling Service de Trufo. Deux modes d’intégration sont possibles : interroger les API (avec une clé API) ou télécharger une image Docker (si vous souhaitez que vos médias restent en local). Pour un workflow simple, une semaine suffit pour être entièrement opérationnel.
Toute personne peut introduire une réclamation auprès de l’autorité nationale de surveillance du marché (article 85), ou auprès du Bureau de l’IA de l’UE pour les produits reposant sur un modèle d’IA à usage général de l’entreprise elle-même. Les signataires du code s’engagent à surveiller et à corriger en temps utile les « manquements étayés en matière de conformité » (traduction libre de l’anglais).
Oui. Il s’applique à tout fournisseur dont le système d’IA est proposé dans l’UE ou dont les sorties sont utilisées dans l’UE, où qu’il soit établi (article 2).
Oui. L’obligation ne s’applique pas lorsque le système d’IA remplit uniquement une fonction d’assistance pour la mise en forme standard, ne modifie pas de manière substantielle les données d’entrée ou leur sens, ou est autorisé par la loi à des fins d’enquêtes pénales.
Oui. Les images, l’audio, la vidéo et le texte encapsulé dans un format conteneur nécessitent les deux couches : des métadonnées signées (1.1.1) et un filigrane imperceptible (1.1.2). Le texte libre ne pouvant pas contenir de métadonnées, un filigrane suffit à lui seul au titre du code.
Non. La FAQ de la Commission confirme qu’ils n’ont pas à être étiquetés rétroactivement, même si elle encourage les déployeurs à le faire dans la mesure du possible.

Prochaines étapes

Si vous êtes prêt à passer à la mise en œuvre, rendez-vous sur le tableau de bord Trufo pour démarrer. Si vous cherchez encore la meilleure approche pour votre cas d’usage, réservez une consultation gratuite avec Trufo pour échanger avec un expert du domaine.

Ressources

Sources officielles de l’UE sur l’article 50, paragraphe 2, ainsi qu’un webinaire de Trufo :